Jeudi..... 16 sept. 2010

 

Hahhhh, bizarrement j’étais nerveuse un pour mon rendez-vous avec Thomas. Je ne savais pas si c’était parce que je redoutais de croiser Pascal, si je me faisais du soucis que Thomas prenne ça pour un rencard, ou si c’est parce que c’était moi qui considérait ça comme un rendez-vous! J’ai donc décidé d’annuler le ciné. Je voulais éviter le coup de la salle obscur; que Thomas ne tente de me rouler un patin. On devait se retrouver au XIII ce soir. Comme je n’aime pas entrer dans les bars toute seule, j’ai essayé de trouvé une copine pour m’accompagner, mais niet. Pourtant, je n’ai aucun problème pour entrer au XIII toute seule, je sais où ils se mettent en général. Arf, je n’allais quand même pas demander à Caro??

Bizarrement aussi, je me sentais beaucoup plus à l’aise pour aller rejoindre Thomas, que si ça avait été Pascal!!! Mystère! Peut-être parce qu’on ne sortait pas ensemble? Non, ça n’était pas ça. C’était probablement parce que je considérais Thomas, plus comme un copain qu’autre chose. Ce que pouvaient penser ses copains m'indifféraient, s’il était avec une fille, ça ne me traumatiserait pas, je n’aurais aucun problème, si je me sentais de trop de tourner les talons... Bref, j’étais plus à l’aise.

Arf, j’étais hyper en retard, je suis arrivée vers 22h30. Lamentable.

Mon cœur a failli lâcher, et j’ai senti mes jambes se dérober quant j’ai aperçu les épaules épaules larges et carrés de Pascal. Mentalement, je me suis donnée une bonne claque pour ne pas chavirer. Thomas était juste à côté de lui, j’ai salué d’abord Thomas en lui passant les bras autour de la taille avec le sourire. Ensuite j’ai fait la bise aux autres, en commençant par Pascal comme si de rien. Pour ne pas perdre mes moyens, je me suis mise de l’autre côté de Thomas, de manière à ne pas voir Pascal ou qu’il ne puisse pas me regarder. Je me suis retrouvée entre Thomas et Paul avec qui je me suis mise à discuter. J’aurai préféré que Pascal ne soit pas là, les battements de mon cœur faisaient trembler ma voix et j’étais contente que la musique soit si assourdissante pour dissimuler mon état.
 
Je gardais le sourire et évitait soigneusement Pascal. Thomas me chuchotait parfois des trucs à l’oreille et ça me faisait rire et j’ai fini par me détendre. 1h plus tard, Thomas m’a proposé de partir et j’ai sauté à pieds sur sa proposition d’aller prendre un verre chez lui. Il travaillait le lendemain, on ne pouvait pas faire très tard.

Je ne voulais saluer personne et surtout pas Pascal, alors je me suis éclipsée avant Thomas. On s’est retrouvé pile poil devant chez lui en même temps vers minuit.

J’avais oublié qu’un long week-end, le week-end du Jeûne Fédéral, se profilait à l’horizon et Thomas proposait qu’on le passe au chalet. J’avoue que ça me faisait très peur, mais je n’ai rien osé dire. J’avais un peu les boules d’être enfermée en vase clos avec Pascal à 2 pas. Ce serait une grande épreuve, mais je ne pouvais pas le dire à Thomas.

1/2h plus tard, j’ai entendu la voiture de Pascal. Il avait dû voir ma voiture et savait donc que je me trouvais chez Thomas. A moins... qu’il ait pensé que j’étais chez lui? Non, il savait bien que je respectais sa situation, je n’aurai jamais parqué devant la maison pour aller chez lui. Non, il devait se douter. Je me suis sentie un peu coincée chez Thomas en attendant que Pascal aille se coucher pour oser partir, sans me retrouver nez à nez avec lui.

Thomas a osé me proposer de partager sa chambre au chalet et je n’ai pas su quoi lui répondre. Pendant qu’on discutait, je réfléchissais activement; après tout, je n’ai pas de compte à rendre à Pascal, si? Alors, j’ai accepté en lui disant “pourquoi pas”. Il a eu un sourire heureux.

C’est vrai; pourquoi pas? Pourquoi je dormirais seule, à me ronger les sangs? Je finirais pas passer toutes mes soirées à espérer que Pascal ait l’idée de me rejoindre? Et s’il ne le faisait pas, je me morfondrais. Mouais, pourquoi pas.

On était assis sur le canapé et pendant qu’on discutait, Thomas s’est penché pour m’embrasser. Je crois que la milli-seconde qui a précédé son geste, je l’avais senti, je savais ce qui allait se passer, je l’avais vu dans son regard.

 

J’aurai pu me lever, ou me pencher pour prendre mon verre, ce qui l’aurait coupé dans son élan, mais je n’ai pas bougé. Je pense que je devais en avoir envie, pourtant, je ne voulais pas que ça dérape trop.

C’était un baiser plein de tendresse et de douceur. Peut-être est-ce un peu trop rapide? Je ne voulais juste pas qu’il pense qu’on sortait ensemble, j’ai voulu parler mais il m’en a empêché. Il devinait ce que je voulais lui dire, et il pensait être assez grand pour savoir ce qu’il voulait et les risques qu’il prenait.

Je n’ai pas eu le temps de me poser trop de questions, ça a frappé à sa porte. C’était Pascal. Ça nous a coupé. Après une petite hésitation, Thomas a été ouvrir. Je ne sais même pas pourquoi je me suis levée, j’aurai pu m’asseoir tout simplement dans le canapé, à faire semblant de zapper la télé! La mauvaise conscience sans doute.

Ha, mon Dieu, je suis vraiment toujours amoureuse de ce type... Rien que de le voir, mes pulsations s’accélèrent. Ça doit vraiment cesser, sinon j’allais souffrir le martyre. J’ai évité son regard et essayé de concentrer mon attention sur les sentiments de Thomas et pas ceux de Pascal. Le pauvre ne devait pas se sentir très à l’aise entre nous 2; il savait que je l’aimais toujours. Ça tombait mal de voir Pascal se pointer à un moment où on essayait de tourner une nouvelle page.

Pascal nous a dévisagé, l’air un peu choqué. Puis Thomas a brisé le silence pour lui demander ce qu’il voulait, mais Pascal ne se souvenait plus pourquoi il était monté, alors il est parti. Son regard blessé me brisait le cœur. Du coup, je voulais partir, mais je ne voulais pas blesser Thomas non plus, alors je me suis forcée à rester encore un peu, en faisant tout pour cacher mon malaise. L’apparition de Pascal nous avait bloqué.

A 2h du matin, je me suis décidée à rentrer, si je restais Pascal en aurait souffert. Rhhh, je ne m’attendais pas à ce que Pascal soit encore debout, dehors sur sa terrasse à attendre de me voir partir. Dès que j’ai pris les escaliers, je l’ai vu, il m’attendait en bas des marches. Non, non, non.

En arrivant en bas des marches, Pascal a voulu me prendre la main, mais j’ai plongé les mains dans mon sac pour éviter son geste et je me suis mise à chuchoter;

  • Non, ne me fais pas ça, stp, non... Ne me mets pas dans cette situation...
  • Je veux juste parler?
  • Je peux pas, sorry, je peux pas...

Thomas observait certainement, je ne pouvais pas suivre Pascal chez lui après avoir passé dans les bras de Thomas? Qu’est-ce qu’il penserait? Que je passe de l’un à l’autre? Parce que c’était sûr, il pensera que... afff non, je pouvais pas lui faire ça, même si j’adore Pascal. Chaque minute que je passerais chez Pascal serait comme une claque pour Thomas. Je ne pouvais vraiment pas. je ne voulais pas qu’il puisse penser que j’étais venue chez lui juste dans l’espérer de voir Pascal. Ce serait dègue.

Pascal m’a suivi jusqu’à ma voiture, j’ai continué à lui demander de s’éloigner, de ne pas me mettre dans cette situation. J’ai dû lui arracher mon bras, et ma main, ça m’a fait mal.

C’était une torture, je n’aurai pas voulu avoir à faire ça, à lui faire ça. Je n’ai pas osé regardé en direction de l’appartement à Thomas, je l’imaginais derrière la fenêtre à se demander ce que j’allais faire. Le visage torturé, surpris par mon geste, Pascal a reculé et a levé les yeux en direction des fenêtres de Thomas.

J’ai filé comme si j’avais le feu aux fesses... Une fois dans ma voiture, les larmes sont venus inonder mes yeux, mais je ne voulais pas ça, et je n’avais pas le temps. J'allais devoir m'habituer à vivre sans lui... J’ai dû rapidement me reprendre parce que Thomas m’a appelé sur mon natel pour me demander si ça allait. Il était bien derrière ses fenêtres à nous observer. Je pense qu’il devait être rassurer de m’avoir vu partir, surtout de ne pas profiter de la 1ère occasion pour courir vers Pascal.

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------ Ne me fait pas ça - (259) - Jeu.16.sep.10 ------

Par JaneDo
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